Je file au MediaMarkt voisin pour acheter une imprimante. Je trouve précisément ce que je veux, le premier prix de Samsung, parfait. Cela me permet de faire en un coup de cuiller à pot une belle étiquette de cd pour vendre mes premières photos ici.
A la sortie de la messe, Suzanne nous attrape et nous fait monter pour nous offrir le déjeuner. Pleine d’attentions. Je vais ensuite avec Suzanne (la nôtre) au Tacheles pour porter à Luca le cd avec les photos que je lui vends, qui sont deux images prises à l’occasion de la performance qu’il avait faite le 18 décembre en boutant de feu à son arbre de fer. 30€ pièce, c’est un prix honnête pour une simple publication sur internet (j’ai trouvé toute la description des prix sur le net, sur le site de l’association des photographes indépendants). Je ne m’attendais pas à faire une si belle rencontre avec lui. Nous parlons de ses sculptures, de sa vie à Berlin. Il provient d’un petit village du Val de Suse, à peu de distance de Turin, et a vraiment au fond de l’âme cet aspect bon, pur, profondément chrétien des italiens de la campagne. Il est présent. Il pense partir de Berlin, parce que l’hiver a vraiment été trop rude – trop froid, et la nourriture pas assez roborative, dit-il. Nous passons ensuite voir Adri, la jeune artiste hongroise, qui bondit littéralement sur Suzanne dès qu’elle la voit avec une phrase dite tout d’une traite, sans reprendre haleine « j’étais chez mes parents, je n’étais pas là depuis deux semaines, partie, et finalement je suis restée absente plus longtemps que prévu, je suis désolée », comme s’excusant de ce que nous ayons pu la chercher entretemps. Nous parlons un peu. Elle vit comme elle peut de ses cartes postales et peintures, habitant pour l’instant dans une auberge de jeunesse voisine.
Nous nous rendons ensuite sur la Postdamer Platz pour assister à notre petite session de Berlinale. Nous devons nous rendre à l’évidence, nous sommes déçus par le documentaire que nous voyons, Suzanne et moi. Il s’agit d’un truc qui s’appelle Wiegenlieder, « Berceuses ». Il y a de vraies trouvailles poétiques, c’est indéniable. La réalisatrice prend pour prétexte pour rencontrer les gens la question suivante : « saurais-tu me chanter une berceuse ? ». Pas bête, ce serait même une occasion magnifique d’entrer en relation, de toucher quelque chose de profond, appartenant aux racines de la personne. Malheureusement, deux défauts majeurs viennent perturber le rêve : le manque d’unité du tout, vraiment trop fait de bric et de broc ; l’agressivité des questions de la réalisatrice aux personnages, au point que parfois on en a envie de fuir - comme si elle voulait forcer la mise à nu de quelque chose de « beau ».
Nous passons après cela chez les Nicolaus, qui nous prêtent sur le long terme tout un ensemble de meubles bien utiles : huit chaises, une table pour la chapelle, quatre lits, des tables basses, des étagères de cuisine, une machine à laver, un petit frigo, etc. Le tout se termine devant un verre de Bordeaux à discuter dans leur salon, de poésie, de politique, etc. Un peu long, si bien que nous repartons assez tard, et arrivons vers 23h à l’atelier de Maki, qui nous avait invités pour fêter un triple anniversaire, dont le sien. Dommage, nous ne trouvons qu’une compagnie clairsemée, aux membres plutôt éprouvants. Un type qui dit appartenir à la Scientologie et parle toute la soirée de abus sexuels de prêtres jésuites, une fille adepte de chamanisme qui honnit le christianisme à cause de son dualisme (ça en fait des mots en –isme), un gars gentil assez inintéressant, le seul du groupe à avoir un travail « normal », …













