Nous nous rendons à la messe à Charlottenburg, à la paroisse française. Je me vois donner l’occasion de prononcer trois mots à la fin de la messe. Je présente donc brièvement Point-Cœur, puis demande de l’aide – surtout pour trouver du boulot. A l’apéritif qui suit, quelques bonnes rencontres nous sont données ; je rencontre une certaine Christine Dietrich, qui travaille à l’ambassade de Côte d’Ivoire, et suit de près pas mal de galeries, participe à des vernissages… elle est intéressé par notre présence à Berlin, et nous enverra notamment sa fille, journaliste au BZ (d’après pas mal de gens une raclure de caniveau). Nous voyons également quelques jeunes africains bien courageux et sympathiques, dont certains promettent de passer nous voir.
Nous prions le chapelet en nous baladant dans le quartier, ce qui nous permet de profiter d’une bien belle lumière. La vue sur le ring est magnifique, avec les rails du S-Bahn couverts de neige qui filent dans cet immense fossé. Monica nous attend pour le dîner (à 17 :30… no comment) – elle est toute contente de nous voir, nous a préparé une table bien mise, dans son appartement-placard, mais aussi deux sacs avec de petits cadeaux pour nous, des attentions délicates qui montrent à quel point nous faisons partie de ses préoccupations. Un verre doseur, un tapis de bain, un saladier, un petit banc ancien pour la chapelle… toutes sortes de choses utiles qu’elle achète aussitôt qu’elle voit une promotion. Elle nous montre ensuite le crucifix de son père, assez grand, en bois, dont elle a bien peur qu’elle parte à la poubelle lorsqu’elle mourra, et voudrait pour cela nous le donner dès maintenant. Nous rencontrons enfin le Jésus miséricordieux en plâtre, héros de l’histoire de leur départ de Silésie.
Nous rentrons pour nous mettre devant « l’Eternité et un Jour », non sans avoir appelé Géraldine pour lui souhaiter son anniversaire. J’ai un sentiment mêlé vis-à-vis de ce film. A la fois une certaine admiration, de la joie pour certaines scènes (par exemple Alexandros et l’enfant dans le bus à la fin, son dialogue avec sa mère à la maison de retraite, son passage terrible à la maison de sa fille, … - c’est beau de voir ce vieil homme pris du tourment de n’avoir rien mené à bien, cherchant à dire au revoir à toute cette vie qui lui renvoie une image douce-amère de lui-même, et qui paye comme une dette d’amour à ce gamin rencontré par hasard, dont il se rend compte bien vite qu’il a besoin), et un peu d’agacement. Je me suis ennuyé à pas mal d’instants, je trouve qu’il y a parfois un certain esthétisme qui nuit à l’expression humaine (notamment dans le traitement du son, qui provoque une distanciation parfois à propos, parfois superflue), et puis son traitement de la relation entre mari et femme m’ennuie.







