• 15 marzo 2010
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Premier WE PC à Berlin

Samedi 27 février

Arrivent encore Maria-Elisabeth, Esther, Erika (une amie de Gottfried, visiblement aussi pas très équilibrée, aînée d’une famille de sept qui vit maintenant seule dans les environs de Würzburg, conjuguant un boulot à la Poste le matin et des études de traduction). Au petit déjeuner, nous commençons en silence, jusqu’au premier enseignement. J’ai repris les deux enseignements de père Raphaël lors du WE de la FratMax de novembre en les étoffant un peu avec divers exemples. Elisabeth traduit gentiment pour Monica et Alina. J’aime ces enseignements, car ils permettent de se pencher sur la Bible, la liturgie (nous suivons les sept lectures de la veillée pascale), avec notre regard. Ils sont très complets. Claire a fait, pour introduire le WE, un montage sur deux morceaux de Tavener (Mankind’s Lament, je crois, tiré de Fall and Resurrection) à partir de mes photos de Berlin. Comme le thème est le baptême, il était intéressant d’être introduits par l’art dans le drame auquel le Seigneur nous introduit. Elle a réussi à caler photos et musique de façon intéressante. Je vais l’encourager à le reprendre et à l’améliorer un peu. Nous avons l’adoration et la messe chez les indiens, puis nous baladons vers le Tacheles, mangeant un sandwich sur le bord de la Spree, en face du Humboldt Museum. Monica et Alina sont très impressionnées par les œuvres exposées. Adri est là, toute inquiète pour Claire (qui a dû repartir à la maison à cause d’une très forte douleur à la mâchoire), au point qu’elle nous offre encore un de ses dessins, qu’elle signe pour elle). Un vieux prêtre (Pfr. Motter) confesse dans notre paroisse, ce qui donne à ceux qui le désirent la possibilité d’accéder au sacrement. Puis nous nous retrouvons pour le dîner, très sympa, et le film : nous regardons Matrix. J’apprécie encore la finesse de la description de ce basculement dans la vérité (on sent vraiment la judéité des scénaristes dans leur connaissance de l’homme, je trouve). Suzanne nous fait une courte intro, mais je regrette un peu de le lui avoir demandé, car sa fatigue et sa difficulté avec la langue font que je dois compléter, et qu’elle en garde la saveur d’un échec.

Dimanche 28 février

Nous participons à la messe à Saint Edouard, à 25 mn à pied de chez nous (mais la balade n’est pas désagréable, on passe la Körnerplatz et le Ring), puis nous dirigeons vers le Hofperle. Ils nous ont réservé une table de quinze, et nous faisons un brunch magnifique. L’ambiance est à la digestion quand nous commençons l’école de communauté sur le texte « Amis des enfants qui êtes-vous ? ». Pas facile, surtout avec l’intervention nostalgisante d’Esther. Nous parlons de l’incarnation – du fait que nous ne sommes pas encore vraiment incarnés, que c’est un long chemin. Dans l’après-midi, nous partons, guidés par Elisabeth Wittal, vers l’East Side Gallery, où nous longeons les restes du mur sur un bon km, le long de la Spree. Puis nous remontons vers la Karl-Max(ex-Stalin)-Allee, où la promenade entre les énormes blocs de prestige des années 50, copiés sur les réalisations soviétiques de Moscou ou Varsovie, « habitations des travailleur », tourne pour moi au cauchemar. C’est infiniment oppressant. Nous finissons la journée au HeimatHafen, dans un changement radical d’ambiance. Dans la belle salle de spectacles de ce petit opéra situé à cent mètres de chez nous se déroule ce soir un show de mode, où les jeunes artistes du coin sont invités à exposer. Monica fait la fine bouche, disant que ce n’est guère que de l’artisanat, qu’il n’y a nulle part vraiment de concept travaillé. On ne peut pas dire, c’est hélas vrai. Pour la plupart, c’est un gagne-pain d’étudiant ou d’artiste. Pendant ce temps sur scène se déroule l’ « AktionDrawing » organisé par Maki – sur de grands rouleaux de papier viennent peindre une dizaine d’invités, dessinateurs allemands ou espagnols, et ce durant une paire d’heures. Participent des enfants, quelques visiteurs aussi, et le guitariste présent rend l’ambiance bien sympathique. Après le dîner, nous revenons pour une bière, et avant de m’endormir complètement sur la table, je réussis encore à annoncer à la digne assemblée le nom de notre Point-Cœur.

Je suis content de ce WE d’abord à cause de la joie dont nous avons été témoins, et qui nous a aussi réchauffés. Comme le soulignait Monica, ça a été important pour nous de voir qui nous servons ici, les membres de la famille, ceux à qui nous appartenons en première ligne en Allemagne. Il était beau aussi de partager le même regard sur cette nouvelle réalité berlinoise vers laquelle nous sommes envoyés. Moment magnifique du regard de tous orienté vers le Saint-Sacrement, moment de silence aussi pendant le petit déjeuner qui nous donne l’occasion de retrouvailles profondes, mêmes regards devant le mur à l’East-Side-Gallery, au Tacheles, priant le chapelet en allant vers la terrible Karl-Marx-Allee, etc. Je crois aussi que cela a été pour nous tous un rappel de la grandeur de l’amitié, qui est le lieu où nous sommes réorientés, le lieu naturel de l’irruption de l’Autre dans notre vie. Les enseignements m’ont été l’occasion bienvenue d’étudier les lectures de la veillée pascale, et de faire encore un pas vers l’unité, faisant le lien avec notre vie. La forme du WE était belle et satisfaisante, même si il manquait une bonne intro au film, ou au moins une reprise qui permette de le goûter – de ne m’étais pas rendu compte de ce que beaucoup d’entre nous risquaient de le louper complètement si on n’explique suffisamment pourquoi on le regarde. Cependant, quelle chance de pouvoir vivre des choses si diverses – jazz brunch, balade, art, enseignements… Enfin, le WE était pour nous aussi le rappel bien concret que nous sommes générés, que nous avons un père qui se préoccupe pour nous, qui a voulu la fondation de ce Point-Cœur, qui inspire ces enseignements, et qui viendra bientôt nous voir.

Lien vers les photos sur Picasa.

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